Page:De Charrière - Bien-né. Nouvelles et anecdotes. Apologie de la flatterie.djvu/25

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
16

Un Préſident du Parlement de Paris, au Roi.


Sire, vous avez dit à votre Parlement que les magiſtrats eux-mêmes ne ceſſent d’invoquer ce même pouvoir contre lequel ils s’élevent ; cette réponſe, ces paroles qui ne juſtifient point les lettres de cachet, mais qui nous accuſent & nous condamnent, ne ſont pas ſorties un inſtant de mon eſprit depuis que votre majeſté les a prononcées. Daignez recevoir, Sire, ma priere ; & que ma réſolution reſte conſignée dans votre ſein.

J’ai, Sire, un fils diſſipateur, libertin, dépravé. Ce fils a d’une femme ſenſible & vertueuſe, trois enfans en bas âge. Tous mes parens, réunis à ſon beau pere, me preſſent de demander à votre majeſté, un ordre qui mette ſa femme & ſes enfans à l’abri d’une ruine totale, & qui l’empêche de tomber du vice dans le crime. Jamais