Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/124

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toujours le même, tu arranges toutes choses à ton désir, faute de les voir comme elles sont, mais je te dis moi que tu ne tiens rien, que tu n’as rien trouvé et n’as mis sur rien ta grosse patte.

— Que se passe-t-il ? demanda Louise.

— Il se passe, répondit Jean, que nous avons fait la connaissance, ici près, chez Charlier, d’un petit bonhomme, un flamand, qui a, dit-on, son millier de francs à dépenser chaque année, travaille bien le bois, gagne assez d’argent, paraît honnête et serait un bon parti pour toi, Louise…

Louise regarda ses frères d’un regard morne et qui semblait dire : Il n’y a plus de bon parti pour moi.

— Ce flamand viendra-t-il bientôt ici ? demanda-t-elle, après un silence.

— Il viendra demain, répondit Jean.


IV.


C’était de Christus qu’il avait été question ; il vint en effet le lendemain voir les Godin, se plut à causer avec eux et surtout avec Louise qui s’anima fort en lui parlant. Un mois s’écoula, les trois frères les laissaient souvent