Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/134

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— Çà ne me plait pas tout çà, dit Jean, hochant la tête, mais puisque Louise ne veut pas parler, Christus aura sans doute quelque chose à me dire.

— Rien, répondit Christus obéissant à un regard suppliant que lui avait jeté Louise.

— Vous êtes bref, Christus, dit Jean, mais je le serai autant que vous : je n’ai qu’un mot à vous dire c’est que s’il arrive malheur à Louise, il y a trois hommes ici pour vous forcer à faire votre devoir.

Le regard de Louise criait à Christus : Patience !

— Monsieur Jean, répondit-il, si vous êtes trois, je suis un et je vous vaux. Quant à ce qui est de marcher dans le droit chemin, je dois vous dire que je n’ai jamais eu besoin de guide pour n’y pas trébucher.

— C’est possible, dit Jean, mais j’ai le droit de savoir ce qui s’est passé ici et que vous allez me le dire.

— Non, Jean, dit Louise, vous n’avez pas ce droit.

— Silence, dit Jean, en faisant un geste menaçant, ou je…

— Qui est-ce qui a peur ici ? demanda froidement Christus.

François et Nicolas dressaient déjà l’oreille. Les quatre hommes étaient comme des coqs en présence. Louise se jeta suppliante entre eux : Mes frères, mes bons frères,