Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/140

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pauvre mari confiant, te tromper un jour pour un autre. Qu’elle me trompe, s’écria Christus, mais qu’elle soit heureuse !

Le tonnerre gronda, des éclairs pâles ouvrirent dans les nuages comme mille bouches de feu, le vent souffla plus fort, un orme gémit, craqua, plia et tomba brisé à deux pas de Christus, la grêle et la neige coururent tourbillonnant comme une ronde de fantômes sur la chaussée ; Christus revint sur ses pas : il lui sembla que la porte de la maison des Godin était entr’ouverte, il ne fit qu’un bond, la poussa.

— Chut ! fit une voix qui partait de l’intérieur, — celle de Louise.

— Vous, s’écria-t-elle.

— Moi, oui, répondit-il ; je n’aurais pas pu faire autrement que d’essayer de rentrer ici.

— M’attendiez-vous ?

— Oui, dit Louise, entrez, et ne faites pas de bruit ; leurs portes sont ouvertes.

Elle entra dans la cuisine et dit : Je vais allumer la lampe.

— À quoi bon ? demanda Christus.

— Pour y voir, répondit-elle.

La lampe étant allumée et posée sur la table, elle dit à Christus de s’asseoir et qu’elle avait à lui parler.