Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/175

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IV.


Regardé de l’endroit où se trouvait Hendrik, le paysage est beau, en plein jour. Il y a là des champs, un bel étang gelé et bordé de beaux arbres ; au fond à droite, on aperçoit les cîmes des bois de Soignes et de la Cambre. En ce moment un grand vent, le vent du dégel, soufflait, les deux bois agités par lui grondaient et secouaient de leurs branches, le givre comme des fruits de verre.

Des vapeurs de plus en plus épaisses chargeaient le cerveau d’Hendrik, il ferma les yeux et vit… les deux forêts s’avancer pour venir border l’étang, la glace se fendre, craquer, disparaître, faire place à une immense et profonde vallée ; la chaussée soulever des pavés et vomir comme d’un cratère des choses étranges qui, racines, cables ou serpents, rampèrent, grouillèrent, se tordirent, s’enchevêtrèrent pour se réunir enfin en une corde grosse comme dix cables et qui se tendit d’elle-même au-dessus de la vallée.

Quelle belle corde, quelle raideur engageante ! Et quel