Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/174

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ballotté par l’ivresse avait trouvé son phare ; mais il s’était réjoui trop tôt, car il vit bientôt son phare l’imiter et faire dans le ciel les mêmes crochets que lui faisait sur la chaussée. La flamme allait du nord au sud, de la terre aux nuages, courait sur les toits, bondissait sur le pavé, glissait sur les arbres, les toits, les murs et jusque sous les pieds d’Hendrik avec une rapidité folle, inouïe, terrifiante. Le gaz, se dit-il, est une invention bien fatigante.

Il s’arrêta, le phare aussi, mais ce fut pour tracer en lettres de feu, sur le ciel noir, ces trois mots : Gy zyt zat ! tu es ivre. C’est bien possible, dit Hendrik, je crois même que je ferai bien de m’asseoir. Puis il se dirigea, du mieux qu’il put, vers une petite maison de la chaussée, remonta sa caisse jusqu’à hauteur des reins, tomba assis, étendit les jambes, troua le carton de sa caisse pour pouvoir respirer, poussa la tête à l’ouverture et vit…