Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/179

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ignorés, sur ces enfants et ces bonnes gens. Ô jeunesse, rêve doré ! dit Hendrik, ô bonté ! jeunesse de l’âge mûr, que vous êtes belles !


V.


Puis il éprouva toutes sortes de sensations extraordinaires : il sentit d’abord qu’on le plaçait au seul endroit par où ceux qui désiraient danser sur la corde raide, aux yeux ravis de nombreux spectateurs, pouvaient se livrer à ce dangereux passe-temps. Ce rôle de gardien lui plut. Puis une autre chose eut lieu qui l’étonna davantage. Ses chairs, ses muscles, ses os, se fondirent. Il se sentit léger comme un tissu de gaze, dispos comme un bienheureux, volatil comme la fumée de l’encens, il se chercha et ne se trouva plus. Serais-je, dit-il, devenu esprit ? Il crut cependant posséder une espèce de corps, formé de choses semblables à des membres dont la matière était un brouillard rougeâtre, chaud et très-fin. Un nouveau visage avait remplacé l’ancien : un visage très-beau surmonté d’un vaste front sous lequel brillaient des yeux que Hendrik jugea