Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/200

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» Le guerrier parla ainsi : « Zuleika, la bien aimée du rossignol, la fleur des champs et les houris du prophète sont moins belles que toi. J’ai des coffres de poudre d’or et de diamant, pleins à faire envie au chef des croyants ; j’ai des perles, de la soie et des cachemires ; Zuleika, je suis chef dans ma tribu ; mille esclaves se prosterneront devant toi, viens sous ma tente. »

» Ainsi parla le jeune Mahom à celle que son cœur désirait, Zuleika triste, répondit tout bas : « Tu es riche, je suis pauvre, prends-moi.

» Mahom détacha son coursier, le flatta de la voix et bientôt, rapide comme le simoun, il amena la vierge à sa tribu.

» Un Chrétien avait, ce jour-là, au matin, touché la robe d’un ancien et lui avait demandé le pain et le sel. Il fumait son narguileh à la porte de la tente de son hôte, le vieil Ahmed : il était beau.

» Dans la tribu, les femmes allaient sans voile ; le chrétien regarda Zuleika de ses yeux vifs comme ceux du lion.

» Mahom jaloux, se tourna vers lui avec colère, le menaça du poing, et le sourire du dédain se montra sur les lèvres du chrétien.