Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/203

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quand les djins passent dans l’air, Zuleika demanda à aller respirer au dehors le vent de la mer ; Mahom le voulut bien, et il sortit avec son épouse et son jeune frère.

» Un hibou aux yeux de nacre rasa son turban. Sinistre présage !

» Le guerrier ne trembla pas.

» Parfois un pas furtif et léger résonnait derrière eux ; Mahom et son frère marchaient toujours sans voir que Zuleika était restée en arrière.

» Mahom se retourna ; elle était dans les bras de l’hôte d’Ahmed. L’étranger tenait une épée ; Mahom et son frère se jetèrent sur lui.

» Le chrétien frappa Mahom et blessa son frère.

» La tribu n’entendit plus parler de Zuleika. Elle s’était enfuie avec l’étranger.

» Me demanderez-vous encore, continua le derviche, me demanderez-vous encore pourquoi nous ne voulons pas réchauffer des serpents sur notre poitrine et nourrir de notre travail les vautours qui viennent dévorer nos enfants ? »

Les guerriers pâlirent et caressèrent les couteaux tortus qu’ils appellent yatagans.

Puis un homme se leva ; il était jeune et beau. » Un jour,