Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/24

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Enfin, s’écria-t-il, tu m’aimes donc.

Il se pencha pour l’embrasser, elle le repoussa.

— Pourquoi, dit-elle, viens-tu toujours ici quand mon père n’y est pas.

— Que sais-je, moi, répondit-il, en la serrant malgré elle contre lui, tandis qu’Anna étendait les mains en avant pour se garantir de ses baisers, — que sais-je, moi, pourquoi je viens, je viens parce que je viens, parce que je t’aime, que je veux te voir, que tu es belle, que je ne puis me passer de toi et qu’il faut que tu m’aimes…

Soudain la porte s’ouvre. Isaac fait un bond en arrière, il regarde Anna comme un criminel son juge, il bégaie d’une voix hoquetante : Pas un mot, ne lui dis rien encore, je t’en supplie.

— Pourquoi pas donc ? répond innocemment Anna.


IX.


Les voici, ces deux êtres terribles qu’il espérait tant ne pas voir de la journée : l’un rôde autour de lui, la queue haute et en montrant les dents : quelles canines épouvantables ! À quelle partie de son corps ce monstre