Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/246

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puis au milieu du tout, une fille mignonne qui par un beau matin… mais je crois que l’on sonne à la porte. » Et l’histoire ? à quand la fin ? un jour ou l’autre.

Ô vierge blonde, on peut t’aimer d’amour ; dis, n’es-tu pas le sang et la vie et la sève de notre pauvre esprit humain ; et sans toi, ô fille du bon Dieu ; sans idée et sans foi, celle du moins qu’il faut avoir aux belles choses, n’ayant d’autres soucis que de baisse et de hausses, quels plaisirs aurions-nous en ce monde banal ? Tu me poursuis parfois cauchemar, songe, rêve, hallucination : je n’y vois pas de mal, sois partout et toujours, chère, la bienvenue ; que tu sois le démon, ou Madeleine nue avant son repentir ou quelque fiction, viens, entre ma mie, entre Imagination. Et lorsque tu seras trop en train et trop folle et que je te verrai sans souffle ni parole, le sein brûlant et l’œil en feu, j’irai chercher dans un drowski mené par un sage cocher et sagement tiré par un cheval bien sage, trop lent, trop calme, pour jamais se mettre en nage, ta compagne Raison qui te rafraîchira le front, les yeux et l’âme et te rendra, comme à moi, ton ami, quand tu veux, folle fille, afin que plus gaîment encor ton bel œil brille, cette santé d’esprit, ce certain calme fort qui font qu’on est puissant et sain jusqu’à la mort.


FIN.