Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/51

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mière fois et déjà il n’y a de place que pour vous dans ma pensée.

Anna brûla encore cette lettre et ne dit rien à son mari. Elle devint rêveuse et sortit moins.


XX.


Vers le commencement de janvier, Isaac était à Bruxelles : Hermann vint voir sa fille, il monta près d’elle. Quand le père et l’enfant se furent embrassés, Anna se rassit, sonna et commanda à Kattau d’apporter le déjeuner. Kattau mit le couvert, Hermann fit semblant de boire et de manger, il regardait sa fille ; Anna voulait se donner une contenance, était distraite et trempait de la viande dans du café. Hermann sourit et lui prenant la main : Que fais-tu, dit-il ? Lève donc la tête que je voie tes yeux, ils sont rouges, tu as pleuré ; viens sur mes genoux et parle-moi de toi.

Anna obéit : Mon enfant, dit Hermann, mes amis me demandent souvent : Qu’a donc ta fille ? pourquoi est-elle pâle ? je suis obligé de répondre que je n’en sais rien et que