Page:De Coster - La Légende d’Ulenspiegel, 1869.djvu/220

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De plaintes las, je vous évoquai par la puiſſance du charme de Katheline, & nous venons, moi & ma tremblante compagne, à vos pieds, demander, Alteſſes divines, de sauver cette pauvre terre.

L’empereur & sa compagne répondirent enſemble :

Par la guerre & par le feu,
Par la mort & par le glaive,
Par Cherche les Sept.

Dans la mort & dans le sang,
Dans les ruines & les larmes,
Par Trouve les Sept.

Laids, cruels, méchants, difformes,
Vrais fléaux pour la pauvre terre,
Par Brûle les Sept.

Attends, entends & vois,
Dis-nous, chétif, n’es-tu bien aiſe ?
Par Trouve les Sept.

Et tous les eſprits de chanter enſemble :

Dans la mort & dans le sang,
Dans les ruines & les larmes,
Par Trouve les Sept.

Attends, entends & vois
Dis-nous, chétif, n’es-tu bien aiſe ?
Par Trouve les Sept.

— Mais, dit Ulenſpiegel, Alteſſe & vous, meſſieurs les eſprits, je n’entends rien à votre langage. Vous vous gauſſez de moi, sans doute.

Mais, sans l’écouter, ceux-ci dirent :

Quand le septentrion
Baiſera le couchant,
Ce sera fin de ruines :
Trouve les Sept
Et la Ceinture.

Et cela avec un si grand enſemble & une si effrayante force de sonorité, que la terre trembla & que les cieux frémirent. Et les oiſeaux sifflant, les hiboux bubulant, les moineaux pépiant de peur, les orfraies se plaignant,