Page:De Coster - La Légende d’Ulenspiegel, 1869.djvu/524

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Et de nouveaux ritelmans
Arrêteront des sourds-muets
Pour héréſie.
Je chante la chanſon des traîtres.

Signataires du compromis,
Couards signataires,
Que vos noms soient maudits.
Où êtes-vous à l’heure de guerre ?
Vous marchez comme corbeaux
À la suite des Eſpagnols.
Battez le tambour de deuil.

Pays de Belgique, l’avenir
Te condamnera pour t’être,
Tout en armes, laiſſé piller.
Avenir, ne te hâte point ;
Vois les traîtres beſogner :
Ils sont vingt, ils sont mille,
Occupant tous les emplois,
Les grands en donnent aux petits.

Ils se sont entendus
Pour entraver la réſistance,
Par diviſion & pareſſe,
Leurs deviſes de trahiſon.
Couvrez de crêpe les miroirs
Et les poignées des épées.
C’eſt la chanſon des traîtres.

Ils déclarent rebelles
Eſpagnols & malcontents ;
Défendent de les aider
Et de pain & d’abri,
Et de plomb ou de poudre.
Si l’on en prend pour les pendre,
Pour les pendre,
Ils les relâchent auſſitôt.

Debout ! diſent ceux de Bruxelles ;
Debout ! diſent ceux de Gand
Et le populaire belgique ;
On vous veut, pauvres hommes,
Écraſer entre le roi
Et le pape qui lance
La croiſade contre Flandre.