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LA SORTIE DU COLLÉGE

homélies, je suis, moi, de bonne composition ; et au lieu de dire à ce cher critique : « je vous souhaite toutes sortes de prospérités avec plus de goût », j’admettrai, franchement, qu’il y a mille défauts dans ce livre, et que je les connais.

Quant au critique malveillant, ce serait pour lui un travail en pure perte, privé qu’il serait d’engager une polémique avec moi. Je suis, d’avance, bien peiné de lui enlever cette douce jouissance et de lui rogner si promptement les griffes. Je suis très vieux et paresseux avec délice, comme le Figaro d’ironique mémoire. D’ailleurs, je n’ai pas assez d’amour-propre pour tenir, le moins du monde, à mes productions littéraires. Consigner quelques épisodes du bon vieux temps, quelques souvenirs d’une jeunesse, hélas ! bien éloignée : voilà toute mon ambition.

Plusieurs anecdotes paraîtront, sans doute, insignifiantes et puériles à bien des lecteurs : qu’ils jettent le blâme sur quelques-uns de nos meilleurs littérateurs, qui m’ont prié de ne rien omettre sur les mœurs des anciens Canadiens. « Ce qui paraîtra insignifiant et puéril aux yeux des étrangers, me disaient-ils, ne laissera pas d’intéresser les vrais Canadiens, dans la chronique d’un septuagénaire, né vingt-huit ans seulement après la conquête de la Nouvelle-France. »

Ce livre ne sera ni trop bête, ni trop spirituel : trop bête ! certes, un auteur doit se respecter tant soit peu. Trop spirituel ! il ne serait apprécié que des personnes qui ont beaucoup d’esprit, et, sous un gouvernement constitutionnel, le candidat préfère la quantité à la qualité.

Cet ouvrage sera tout canadien par le style : il est