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VIII


VERS QUÉBEC


Les tristes événements de ces derniers temps avaient nécessairement retardé le départ de nos amis. Le trépas de La Source pesait sur les cœurs comme la désespérance, et si un peu de calme suivit le tintamarresque chagrin des premiers jours ce n’était encore que du désarroi ; il fallait un plus long temps à ces indisciplinés pour reprendre la routine de leur vie ordinaire.

Avec la connaissance qu’elle avait de l’âme indienne, Fleur des Ondes devina cette démoralisation et s’employa à la combattre par des paroles de foi ; recherchant de préférence la société de ceux qu’elle voyait tristes, elle s’efforçait de les rasséréner en les consolant.

Philippe, entraîné par le bel exemple de sa cousine, voulut partager avec elle un si noble apostolat. Mais le chagrin avait blessé l’un de ces hommes de bronze : Le Soir, qui avait superbement refoulé ses larmes devant la frêle dépouille de sa fille aimée, recherchait la solitude ; il s’éloignait souvent vers le coin d’ombre où reposait la chère morte, et, le front haut, contemplait l’humble signe de rédemption que les Français avaient planté sur la tombe. De jour