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III

LA GROTTE


C’était une caverne profonde dont l’entrée, une crevasse étroite, de trois pieds au plus, se prolongeait à ciel ouvert une dizaine de pas, et aboutissait à un élargissement irrégulier formant une salle naturelle.

On y pénétrait par cinq degrés descendants, taillés à même le roc. Ce logis étrange recevait la lumière par une fissure qui donnait à l’est, et allait en rétrécissant vers le haut, rappelant vaguement une fenêtre ogivale sans châssis. Un jour déclinant y filtrait, en ce moment, de pâles rayons qui ajoutaient à l’aspect fantastique du lieu. Les cassures du granit semblaient bordées de perles et de diamants ; la voûte, hérissée de pointes et d’arêtes nombreuses, prenait l’aspect imposant d’un cintre gigantesque, surchargé de sculptures. Chaque anfractuosité avait l’allure scintillante d’un feston de pierreries ; tout coin d’ombre semblait receler les étonnantes beautés d’une architecture innommée.

La fenêtre, comblée à mi-hauteur et arrangée en foyer, servait en même temps de cheminée. Il y flambait des bûches qui répandaient une