Page:De l'État des nègres relativement à la prospérité des colonies françaises et de leur métropole Discours aux représentants de la nation, 1789.djvu/17

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aſſurer que les chefs de cette ſecte, ceux qui en ont dreſſé les plans ténébreux dans l’origine, ne ſoient pas des gagiſtes de l’Angleterre ?

Des ames honnêtes, des ames ſenſibles ont pu, ſans doute, ſe laiſſer entraîner dans les principes de cette ſecte par des tableaux menſongers des maux qu’une portion de l’humanité endure sous la Zône brûlante de l’Amérique : & nous devons leur pardonner des démarches, des écarts dont ils n’ont pas, ſans doute, calculé les conſéquences.

Mais les chefs de cette ſecte, qui sont-ils ? Ne ſeroit-ce pas des gens exercés déjà aux manœuvres ſourdes des révolutions ?

Pouvons nous connoître toute la profondeur de leurs vues ſécrètes ?

Ne ſeroit-ce pas des étrangers déjà bannis de leurs pays, qui ne ſeroient que les exécuteurs des plans meurtriers de M. Pitt, dont le nom ſeul devroit rappeller aux Français toutes les humiliations de la guerre de 1756 ?

À Dieu ne plaiſe, Messieurs, que dans mon indignation, dans ma douleur, je confonde nombre d’honnêtes gens de la ſociété des amis des Noirs.

Il en est beaucoup qui ſont pleins de probité, d’honneur, & de ſenſibilité. Le jour viendra, ſans doute, où ils rougiront, où ils s’affligeront d’être entrés dans les plans, dans les vues de leurs ſéducteurs. Et ſi les malheurs qui en ſeroient les