Page:De l'État des nègres relativement à la prospérité des colonies françaises et de leur métropole Discours aux représentants de la nation, 1789.djvu/25

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voltants de notre adminiſtration, l’eſprit général qui fait mouvoir la Capitale, & elle a pu juger que le moment de la diſſolution de toutes les parties de la Monarchie Française n’étoit point éloigné.

Il ſeroit difficile de nous perſuader, Messieurs, que le Miniſtere Anglais n’ait pris de grandes meſures, d’après cet apperçu qui ne pouvoit échapper aux yeux les moins pénétrans ; & ſi nous voulons bien nous rappeller l’embarras dans lequel s’eſt trouvé M. Pitt de rendre un compte public de 48 millions dont les dépenſes ont été annoncées comme le ſecret de l’État, nous ne douterons plus que l’Angleterre n’ait manœuvré puiſſamment contre la France depuis deux ans.

Mais nous aurons, Messieurs, la clef des dépenſes ſecretes du compte de M. Pitt, ſi vous voulez bien vous rappeler ce qui ſe paſſoit alors en France.

Reſſouvenez-vous combien de plumes ardentes s’exercerent alors ſur notre ſituation, qui ne préſentoit que des déſaſtres.

Dans cette inquiétude d’eſprit, qui agitoit ſourdement le Royaume ; dans le choc de mille opinions diverſes ſur la nature des Gouvernemens ; dans l’écroulement de tant de fortunes, occaſionné par un luxe effréné & les mœurs les plus diſſolues, s’élevoient, Messieurs, de ces hommes qui n’appercevoient d’autres reſſources contre la miſere & l’op-