Page:De l'État des nègres relativement à la prospérité des colonies françaises et de leur métropole Discours aux représentants de la nation, 1789.djvu/26

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probre qui les menaçoient, que dans le renverſement général de la Monarchie.

Dans ces circonſtances, Messieurs, ſe formoit à Londres une ſociété politique & religieuſe ſous le titre de ſociété des amis des Noirs.

Sa doctrine ne tendoit, en apparence, qu’à l’abolition de la traite & à l’affranchiſſement graduel des Nègres. Elle en tiroit les principes du droit naturel, & ſes conſéquences étoient certainement inconteſtables en morale.

Mais les intérêts politiques ſe mêlant à ceux de la morale, cette ſecte a ſon myſtere, comme toutes les ſectes du monde ont le leur ; & ce myſtere, qui eſt d’un ſens profond, elle a grand ſoin de le voiler pour ces caracteres puſillanimes qui reculent d’effroi à l’idée ſeule des grandes révolutions qui peuvent enſanglanter la terre.

Ce myſtere, Messieurs, cache le plus vaſte projet que l’eſprit humain ait jamais oſé concevoir, le renverſement de tous les Empires.

Tel eſt, Messieurs, le myſtere de la ſecte des amis des Noirs, qui n’offre à l’imagination ſéduite des hommes qui ne ſavent point en approfondir les conſéquences ſanguinaires, qu’un roman artificieux, qui, ſous le nom de l’humanité, commande la deſtruction.

Les plans de cette ſecte, Messieurs, ont été imaginés dans le nord de la Nouvelle Angleterre par les Quakers, qui ſont les plus habiles politiques