Page:De l'État des nègres relativement à la prospérité des colonies françaises et de leur métropole Discours aux représentants de la nation, 1789.djvu/29

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premières vues de la ſociété des amis des Noirs de Philadelphie ne ſe ſoient portées ſur les poſſeſſions Eſpagnoles d’outre-mer qui touchent, pour ainſi dire, celles des Provinces-Unies.

En excitant des inſurrections, des révoltes au Pérou, au Mexique, la ſociété des amis des Noirs de Philadelphie comptoit procurer à ſon pays les tréſors de ces riches contrées ; & nous devons nous rappeller que l’Eſpagne se vit, il y a huit ans, dans de grands embarras, dans cette partie de ſes poſſeſſions.

Nous ne pouvons douter encore que le projet de changer la face de l’Angleterre elle-même, celle de la Hollande, ne ſoit entré dans la conſpiration de cette ſociété.

Mais, Messieurs, de grandes difficultés ſe ſont oppoſées à ſes succès dans les colonies eſpagnoles.

L’inquiſition, cette inſtitution redoutable, cette inſtitution tout aussi politique peut-être que religieuſe, leur a préſenté un rempart trop formidable pour oſer y tenter un établiſſement.

D’anciens principes, que des eſprits forts appelleront préjugés, ſans doute, y conſervent une grande force. Les Eſpagnols aiment encore leur Roi, leur ancienne religion, les formes antiques de leur gouvernement. Les humbles amis des Noirs ſeroient aſſurés d’y obtenir les glorieuſes palmes du martyre qu’ils n’ambitionnent pas ; & la ſublimité de leur ſystême n’y feroit pas fortune.