Page:De l'État des nègres relativement à la prospérité des colonies françaises et de leur métropole Discours aux représentants de la nation, 1789.djvu/28

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Pour y parvenir, il leur convient de ſe procurer une grande population & de grands capitaux, que le diſcrédit de leurs affaires préſentes éloigne néceſſairement.

Ces Provinces ont ſenti, Messieurs, qu’elles ne pouvoient parvenir au ſuccès de leurs projets, qu’en excitant, dans tous les États des deux Mondes, des révolutions, des guerres qui leur ameneroient indiſpenſablement ces plantes paraſites de tous les États, cette claſſe d’hommes pour qui tous les pays ſont à-peu-près égaux, & qui, pouvant emporter avec eux toutes leurs richeſſes dans un porte-feuille, ont la faculté de ſe mettre, en 24 heures, à l’abri de tous les dangers des guerres civiles.

Je dois vous le dénoncer, Messieurs ; c’eſt dans l’analyſe, dans les recherches des combinaiſons politiques du peuple le plus embarraſſé dans ſes affaires, du peuple le plus délié qu’il y ait ſur la terre, que ſe ſont formés les dogmes de la ſociété des amis des Noirs.

C’eſt là que ſe ſont fabriquées les premieres torches qui, dans les renverſemens des trônes & de toutes les formes de gouvernement, doivent embraſer les deux Mondes.

C’eſt dans les malheurs des guerres civiles qui menacent tous les États de l’Univers, que ſe fera cette émigration des Capitaliſtes de tous les pays, que ſe promet la nouvelle Angleterre.

On ne peut douter, Messieurs, que les