Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/105

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noires et blanches, dans la justice, que les prescriptions variables d’une loi sourde et aveugle ; dans le crime, qu’un simple fait, dont, pour la sûreté commune, l’idée doit se lier avec celle du bourreau.

Du reste, l’état ne connoît ni Dieu ni ses commandements, ni vérité, ni devoirs, ni rien de ce qui appartient à l’ordre moral. Il se glorifie d’être indifférent à l’égard de tous les dogmes, et même de les ignorer. Il n’existe à ses yeux nul pouvoir supérieur à celui qui le régit ; il ne s’élève pas plus haut que l’homme, et il appelle indépendance la soumission servile à ses volontés. Tout lui est bon, pourvu qu’il renie la souveraine autorité, de qui découlent toutes les autres, pourvu qu’il n’obéisse point au suprême législateur. Il repousse jusqu’à son nom ; ce nom lui est odieux même à entendre ; il l’a effacé de ses lois, ne leur laissant que la force pour principe, et pour sanction que la mort.

De cette affreuse apostasie politique, il résulte que la religion, toujours à la veille d’être proscrite, puisque son esprit et sa doctrine sont en contradiction absolue avec les maximes de l’état, n’est qu’une sorte d’établissement public accordé