Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/107

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on ne laisse échapper aucune occasion de lui contester ses droits divins ; on s’efforce de la rendre odieuse et méprisable au peuple, espérant, par ces moyens, s’en délivrer peu à peu sans secousse ; ou, ce qui reviendroit au même, asservir ses ministres, en ce qui regarde leurs fonctions spirituelles, à la puissance civile, devenue maîtresse dans l’Eglise, comme elle l’est de droit dans l’Etat.

Et qu’on ne se tranquillise pas sur les obstacles que rencontreroit l’exécution d’un pareil plan : il n’est point de mal qu’on doive aujourd’hui juger impossible ; il se trouvera des gens pour tout faire, et pour justifier tout. Car, on ne sauroit se le dissimuler, une race d’hommes nouvelle a apparu de notre temps, race détestable et maudite à jamais par tout ce qui appartient à l’humanité ; hommes de fange, les plus vils des hommes après ceux qui les paient ; hommes qui n’ont une raison que pour la prostituer aux intérêts dont ils dépendent, une conscience que pour la violer, une âme que pour la vendre ; hommes au-dessous de tout ce qu’on en peut dire, et qui, après avoir fatigué l’indignation, fatiguent le mépris même.

Nous le répétons, l’anéantissement du christianisme en France, par l’établissement d’une église nationale, soumise de tout point à l’administration, voilà ce qu’on prépare avec une in