Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/115

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unis par des rapports intimes, agissent constamment sous l’autorité du chef souverain selon des règles communes. De cet accord, qui est aussi un caractère de vérité, dépend et toute la vigueur du gouvernement spirituel, et la vénération des peuples pour des lois partout les mêmes, malgré quelques usages particuliers, qui, prévus et sanctionnés par elles, n’y forment pas même de véritables exceptions.

Mais comment conserver cet admirable ensemble, comment établir solidement l’empire de ces lois et sur les fidèles et sur les pasteurs, sans tribunaux qui s’élèvent de degré en degré, jusqu’au tribunal suprême ? Or, à peine reste-t-il en France quelque trace de cette juridiction graduée. Celle des métropolitains, nulle de fait, n’est plus qu’un vain nom. Qu’en arrive-t-il ? On ne le sait que trop, des différends interminables, et, dans l’absence d’un juge canonique, de scandaleux appels aux cours séculières, lorsqu’il naît quelques conflits de droits entre un curé et son évêque. Aucune contestation ne peut être terminée régulièrement. Les esprits brouillons, turbulents, désolent l’administration, devenue elle-même arbitraire ou incertaine. Il n’existe plus de règles dont elle n’ait le pouvoir de s’affranchir, et au lieu de reconnoître ses bornes réelles dans une autorité supérieure, elle n’en trouve que d’illégitimes dans l’indocilité des subalternes :