Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/142

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les passions. Les passions ou les intérêts arment les peuples contre les peuples, et les hommes contre les hommes ; l’erreur les divise, les isole, et dissout ainsi la société jusque dans ses éléments. Que fit le christianisme ? Il ranima la foi presque éteinte, il promulgua de nouveau la loi des croyances et la loi des devoirs ; et pour en assurer l’empire, il constitua sur les débris des sociétés humaines, destinées à renaître bientôt sous une autre forme, une société divine et impérissable.

Ce n’est ni à l’Eglise ni à ses ministres qu’on doit demander raison de l’influence qu’elle exerça, mais à Jésus-Christ, mais à Dieu qui voulut sauver le monde et le renouveler par elle. Considérée particulièrement sous le point de vue politique, son action, qui, nous le répétons, n’étoit que le développement du principe même de son existence, tendoit à tout ramener à l’unité, à coordonner les nations, comme les membres d’une seule famille, dans un système de fraternité universelle par l’obéissance au père commun, et d’établir la prééminence du droit sur les intérêts, en substituant partout la justice à la force. Il faudra bien convenir qu’il seroit difficile d’imaginer un but plus noble, plus généreux, plus utile à l’humanité ; et quand on pense qu’on a pu espérer de le voir atteint, on est peu disposé à juger avec rigueur ce que les hommes peut-être ont mêlé quelquefois de foiblesses et de torts