Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/154

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uand un rayon de vérité vient à percer les immenses ténèbres qu’ils travaillent sans cesse à épaissir. Ils parlent de la raison, et dès qu’on l’oppose à leurs erreurs, à leurs impostures, ils jettent les hauts cris, ils invoquent contre elle les tribunaux. Il ne s’agit plus alors de la liberté des opinions, il s’agit d’étouffer toute opinion assez malheureuse pour leur déplaire, assez hardie pour mettre en doute leur infaillibilité politique et philosophique.

Cependant rendons-leur justice, ils n’ont pas encore, au moins clairement, redemandé les échafauds ; que les prisons s’ouvrent et qu’elles reçoivent les chrétiens fidèles à tous les principes de leur foi, provisoirement cela suffira. Nous sommes dans le siècle de la tolérance.

On vient de voir comment les pontifes romains, placés, par la nature même des choses, à la tête de la société nouvelle que le christianisme tendoit à former, devinrent, suivant l’expression d’un illustre écrivain, le pouvoir constituant de la chrétienté ; et comment cette société, dont la justice étoit la base, mais à qui les passions humaines ne laissèrent pas le temps de parvenir à sa perfection, s’est peu à peu dissoute, à mesure qu’on l’a soustraite à l’influence et à l’autorité des papes.