Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/168

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, ce qu’en effet ils assuroient formellement, que le vrai christianisme n’existoit plus, et en outre changer complètement la notion que tous les chrétiens s’en étoient formée jusque là ; car on avoit toujours cru, d’un côté, que le jugement de la doctrine n’appartenoit qu’à l’Eglise, dont les décisions étoient l’unique règle de foi ; et d’un autre côté, que la foi ne pouvoit jamais se corrompre, ni l’Eglise errer dans son enseignement, Jésus-Christ ayant promis d’être avec elle enseignant, jusqu’à la consommation des temps. Opposant ainsi une opinion inouïe dans le monde, à la croyance universelle des chrétiens pendant quinze siècles, il alloit nécessairement que les novateurs soutinssent que, pendant quinze siècles, tous les chrétiens avoient ignoré le véritable christianisme, ou, en d’autres termes, que le christianisme, tel qu’on l’avoit entendu depuis les apôtres, n’étoit qu’une erreur monstrueuse et destructive de la raison.

Mais ni Luther, ni Calvin, ni Zwingle, ni aucun autre réformateur, n’ayant le droit de substituer leur autorité à celle de l’Eglise qu’ils rejetoient, il s’ensuivoit qu’hommes, femmes, enfants, savants, ignorants, chacun devoit chercher par sa raison propre, sans jamais déférer à l’autorité d’autrui, le vrai christianisme altéré