Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/175

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


simples opinions, n’offriront rien de plus certain ni de plus fixe que tout le reste. On sait à quel point les sociniens ont altéré la règle des mœurs.

Les antinomiens et plusieurs autres sectes ont été plus loin encore. à Dieu ne plaise qu’on nous suppose l’intention d’attribuer à tous les protestants des monstres de doctrine dont le plus grand nombre d’entre eux a horreur ; mais cependant il est vrai qu’on ose enseigner dans le sein de la réforme, et c’est un protestant qui nous l’apprend, " qu’il n’y a point d’actions immorales par elles-mêmes, quoiqu’elles puissent être illégales d’après les lois et les conventions de la société ; qu’il n’y a point d’action subjective immorale, mais que tout est soumis à la nécessité de la nature, et qu’il ne peut y avoir d’opposition entre la sensibilité et la raison : " principe incontestable dès qu’on part de la raison seule ; car la sensibilité est l’homme aussi ; elle fait partie de sa nature, et si ce qui est pour elle un bien ou une vérité pouvoit être une erreur ou un mal pour la raison, et réciproquement, il y auroit dans le