Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/177

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Plus de vérités certaines, plus de loi immuable, par conséquent plus de liens entre les individus ni entre les nations : état prodigieux, et cependant, comme on va le voir, état inévitable, sitôt qu’on en est au point où le protestantisme est parvenu.


Chapitre III. Point de christianisme, point de religion, au moins pour tout peuple qui fut chrétien, et par conséquent point de société.

Il suffiroit presque d’énoncer cette proposition, tant elle suit avec évidence de ce qui a été établi précédemment. Le protestantisme se définissant lui-même, l’acte d’indépendance de la raison humaine en matière de religion, la religion dès lors ne peut plus être, pour quiconque admet ce principe, qu’une opinion libre, une pensée humaine, qui change ou peut changer sans cesse, et dont il ne sauroit jamais résulter aucun devoir : et lorsqu’au lieu d’une opinion libre, on en fait un sentiment indéfini, on détruit également tous les devoirs, et l’on exclut de sa notion l’idée même d’une croyance positive. Dans les deux cas, il faut comprendre une religion dépouillée du caractère de loi, une religion, je ne dis pas seulement sans dogmes arrêtés sans culte déterminé, sans préceptes certains ; mais une religion sans dogmes, sans culte, sans préceptes quelconques, puisqu’en