Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/184

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exerce même dans les contrées où elle a cessé d’être dominante, ne s’opposoit pas aux progrès de l’incrédulité protestante, il y a long-temps qu’on n’y trouveroit plus une seule trace de christianisme, et que ces contrées, si elles étoient habitées encore, le seroient par une race de barbares plus féroces, plus hideux que le monde n’en vit jamais ; et tel seroit le sort de l’Europe entière, s’il étoit possible que le catholicisme y fût entièrement aboli. Or, toute attaque contre le pouvoir du souverain pontife tend là : c’est un crime de lèse-religion pour le chrétien de bonne foi et capable de lier deux idées ensemble ; pour l’homme d’état, c’est un crime de lèse-civilisation, de lèse-société. Et afin que l’on comprenne tout le danger de porter la moindre atteinte à ce pouvoir divin, et de prétendre même le définir sans une autorité suffisante qui ne pourroit être que celle de toute l’Eglise, nous allons examiner l’imprudent essai qu’on en fit en France, dans un moment de chaleur et de passion, en 1682. Ce mémorable exemple renferme plus d’une instruction ; et il semble qu’après cent quarante ans, assez remplis de leçons de tout genre, il soit enfin permis de le juger, et possible de le faire avec calme.