Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/21

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Elle ne laissa pas de subsister avec la plupart des caractères qu’elle tenoit de son origine, tant que le christianisme fondu, pour ainsi parler, dans toutes ses institutions, put exercer sur elle son action puissante ; et après les désordres amenés par trois siècles d’hérésie et près d’un siècle d’incrédulité, il fallut, pour achever de la détruire, la séparer violemment de la religion qui la protégeoit encore contre elle-même. Mais cette fatale séparation une fois accomplie, la société changea de nature, et cela nécessairement. Qu’est-elle aujourd’hui en France ? Quel genre de gouvernement a remplacé la monarchie chrétienne ? Grave question, certes, et qui, bien éclaircie, serviroit à en résoudre beaucoup d’autres.

Long-temps avant notre révolution, la prétendue réforme du seizième siècle avoit ébranlé le système politique de l’Europe. Partout où elle s’établit, on vit naître aussitôt ou le despotisme, ou l’anarchie. L’histoire n’a conservé le nom d’aucun tyran plus abominable que le fils de Gustave Wasa. Nulle part aussi l’ordre de succession n’a été plus souvent troublé qu’en Suède. Après d’assez longues agitations, le Danemarck a cherché le repos à l’abri d’un pouvoir beaucoup moins réglé par les