Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/22

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lois que tempéré par les mœurs. Que l’armée de Gustave-Adolphe, fixée au sein de l’Allemagne, eût quitté ses tentes pour des habitations plus stables, ce serait l’image de la Prusse luthérienne, soumise, depuis son origine, à un despotisme militaire, adouci par l’influence des états voisins et des tribunaux de l’empire. En embrassant le calvinisme, les Provinces-Unies formèrent une république turbulente, avare, cruelle. Le même peuple qui vendoit au Japon son Dieu, égorgeoit en Europe son chef, et dévoroit son cœur palpitant. Qui jamais exerça une autorité plus despotique que Henri VIII ? Y avoit-il en Angleterre, sous le règne de ce monstre, d’autre loi que son caprice ? Il meurt, et bientôt l’anarchie la plus profonde dévaste cette terre d’où le christianisme antique, le vrai christianisme étoit banni. Le monde eut le spectacle d’une nation qui, ayant renoncé à la foi dont elle avoit vécu jusqu’alors, cherche dans les ténèbres et dans le sang une religion nouvelle et une nouvelle civilisation. De l’anarchie elle passe encore derechef sous le despotisme. Un fourbe ambitieux, qui savoit vouloir et agir, chasse vers l’échafaud un prince foible, cite la bible à des fanatiques, puis courbe tout sous son épée. Cette épée, il