Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/230

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justifier les révolutions modernes ; car toute erreur est fondée sur quelque vérité dont on abuse.

Que si maintenant on examine, dans sa généralité, cette proposition : les rois et les souverains ne sont soumis à aucune puissance ecclésiastique, par l’ordre de Dieu, dans les choses temporelles ; comme il est clair qu’il n’existe parmi les chrétiens d’autre puissance spirituelle que la puissance ecclésiastique, il s’ensuit, en premier lieu, que les rois et les souverains ne sont soumis, en tant que souverains, à aucune puissance spirituelle. Et comme il est clair encore, d’un côté, que les rois et les souverains ne peuvent, non plus que les autres hommes, connoître certainement, et d’une manière obligatoire, la loi divine qu’en se soumettant à l’enseignement de la puissance spirituelle ; et d’un autre côté, que cette loi renferme tous les principes de la justice et de l’ordre social, toutes les règles du devoir : il s’ensuit, en second lieu, que les rois et les souverains, sont, en tant que souverains, dispensés de la loi divine, par l’ordre même de Dieu ; qu’ils sont seuls juges du juste et de l’injuste, dans les choses temporelles, c’est-à-dire en tout ce qui est du ressort de la souveraineté, et n’ont d’autres devoirs que ceux qu’ils s’imposent eux-mêmes.