Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/234

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non seulement du pape, mais de l’Eglise universelle et des conciles oecuméniques. Nous n’accusons pas les intentions des auteurs de ces maximes ; mais des intentions, quelque droites qu’elles soient, n’empêchent pas les conséquences de sortir de leur principe, et lorsque la déclaration parut, on sentit universellement, excepté en France, qu’elle renversoit toutes les bases du gouvernement spirituel et de la puissance divine de l’Eglise. Ce fut un de ces moments de vertige où les hommes ne savent ni ce qu’ils disent, ni ce qu’ils font, ni ce qu’ils veulent ; car la fausse doctrine que l’on s’efforçoit de consacrer étoit au fond également fatale et aux peuples et aux rois.

Elle établissoit, à l’égard des peuples, un despotisme illimité, en affranchissant les souverains de toute règle et de toute loi extérieurement obligatoire, et en déclarant que ni la tyrannie, ni l’impiété, ni la persécution, à quelque excès qu’elles pussent être portées, ne préjudicioient, selon l’ordre établi de Dieu, à la souveraineté, et n’altéroient ce que ses droits avoient originairement de sacré et d’inviolable : que les sujets, quelque injustice qu’ils éprouvassent de la part du prince, n’avoient ni le droit de lui résister, ni le droit de recourir à aucune autre puissance, et que Dieu même leur commandoit une obéissance éternelle sous une éternelle oppression. Jamais on n’avoit