Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/310

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


de Chester, dont on loue les connoissances littéraires, semblèrent avoir pris à tâche, ainsi que lord Colchester, de dépasser, sur les questions traitées alors dans le parlement, toutes les bornes connues de l’ignorance et de l’extravagance.

Pour apprécier exactement le protestantisme et ses effets, on doit donc aujourd’hui le considérer sous deux aspects divers. Par l’établissement d’Eglises nationales, devenues de pures institutions politiques, il a brisé l’unité européenne, isolé complètement les peuples des peuples, et renversé les bases du droit public, universel et inaltérable, à qui le monde chrétien devoit sa civilisation.

La souveraineté affranchie du pouvoir spirituel défenseur suprême de la justice et des droits de l’humanité, affranchie même de toute doctrine et de tout devoir, puisqu’elle seule créoit les devoirs et déterminoit les doctrines, n’a eu désormais et n’a pu avoir, au dedans comme au dehors, d’autre règle de conduite, d’autre principe de gouvernement, que l’intérêt : c’est-à-dire que chaque peuple s’est trouvé, suivant l’expression de Rousseau, dans un état naturel de guerre avec tous les autres, et le souverain, par la même raison, dans un état naturel de guerre avec les sujets : de sorte que naturellement, il ne sauroit exister que de courtes trèves entre les peuples, et des trèves non moins