Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/312

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


autre foi a remplacée dans les esprits la foi chrétienne ? Quel autre lien unit les protestants, que la haine de la religion qu’ils ont quittée ?

Qu’ont-ils de commun excepté cette haine ? Et ceux qui, plus avancés dans la même voie, rejettent l’écriture, la révélation, Dieu même, quel est encore le lien qui les unit, sinon la haine de toutes les croyances auxquelles ils ont renoncé. Sur quel autre point s’accordent-ils ? Y a-t-il un seul principe, une seule idée dont ils conviennent, pour essayer de bâtir sur ce fondement ? à quoi tendent tous leurs efforts, si ce n’est à détruire ? Et que peut-il résulter d’une destruction universelle ? Leurs œuvres mêmes leur déplaisent ; ils ne les épargnent pas plus que le reste. La société, disent-ils, est dans un état de passage ; rien de ce qui est ne doit subsister. Mais cette société qui passe, savent-ils où elle va ? Non ; quand on le leur demande, ils répondent qu’on le saura plus tard : et cependant, comme pour lui frayer le passage, ils abattent tout ce que le temps avoit élevé, et, à chaque édifice qui croule, on les entend pousser des cris de joie sur les décombres.

Nous ne parlerons point des forfaits inouïs qui révèlent journellement une dépravation telle qu’on n’en connoissoit pas d’exemple, des monstres qui apparoissent comme les précurseurs d’une époque de crime : il suffit de considérer les mœurs générales