Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/357

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droit même ; et ce droit étant indivisible, on n’a pu l’attaquer sur un point sans l’attaquer sur tous les points, sans le nier complètement. De là le schisme fatal qui sépara, au seizième siècle, une partie de l’Europe de l’Eglise catholique et du christianisme, et qui, après avoir ruiné toutes les croyances, ébranlé tous les devoirs, va se perdant sous nos yeux dans le scepticisme universel. On commença par protester contre le pape, on finit par protester contre Dieu. Si quelques esprits inconséquents s’agitent encore entre ces deux termes, en s’approchant chaque jour du dernier, c’est que, foibles et craintifs, ils ne suivent pas le principe qu’ils ont choisi pour guide, ils sont traînés par lui.

En France même, on a vu que, pour affranchir l’autorité temporelle de toute dépendance du pouvoir spirituel, les parlements furent obligés d’attaquer celui-ci dans son essence : et les maximes proclamées en 1682 pour consacrer la doctrine des parlements, en établissant, d’une part, l’athéisme politique, qui est devenu la base des lois, renversent, d’une autre part, la constitution de l’Eglise et l’Eglise elle-même, et conduisent immédiatement à toutes les conséquences du protestantisme. Cette vérité reconnue des sectaires et désormais évidente pour le bon sens, ne sauroit être trop méditée. L’indifférence à cet égard, de quelque