Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/356

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les rois régner sans crainte. Il y avoit désormais un juge entre eux, et le droit avoit détrôné la force.

Ce fut ainsi que se forma peu à peu la chrétienté.

Mais il vint un temps où les rois refusèrent de reconnoître ce juge ; et, par une funeste contradiction, ils voulurent que la loi divine demeurât toujours la règle des actions privées et le fondement du devoir d’obéir, en cessant d’être la règle des actions publiques et le fondement du droit de commander. C’étoit renverser la base de la société chrétienne et de toute société ; c’étoit, en déclarant que la souveraineté n’est liée par aucune obligation envers Dieu ni envers les hommes, constituer un despotisme monstrueux, et préparer une anarchie plus monstrueuse encore.

Tout ce que nous avons vu, et tout ce que nous voyons, n’est en effet que la conséquence de ce système athée, qui, si rien n’en arrête le développement, anéantira la société humaine et le genre humain même. Destructif par sa nature, il divise à l’infini, et rompt tous les liens qui unissent les hommes. à quelque degré qu’on y entre, on ne peut dire : je n’irai pas plus loin, toujours il entraîne au-delà.

Et premièrement, en combattant le pouvoir spirituel dans l’exercice d’une de ses fonctions les plus importantes, on a été contraint d’attaquer son