Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/359

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n’ont de règle que l’intérêt. écoutez ce qui se dit, lisez ce qui s’imprime, et cherchez au milieu de cette effroyable confusion, une vérité admise, une idée commune et invariablement adoptée par d’autres raisons, que la raison qui l’a conçue. Le monde intellectuel et moral est livré à une race de sophistes plus dépravés que ceux de la Grèce, toujours prêts à se vendre à qui les paie, faisant aujourd’hui de la religion, demain de l’athéisme, se jouant des autres et d’eux-mêmes avec une impudence qu’ils avouent et dont ils sont fiers, ennemis du vrai et du bien, plus par instinct que par persuasion, tour à tour bas, hautains, dédaigneux, flatteurs, affectant la science et ne sachant rien, prodigues de sarcasmes et de mensonges, hardis contre le bon sens, doués enfin de tout ce qu’il faut pour porter le désordre dans les sentiments et dans les pensées de la multitude.

Semblables à ces barbares qui errent parmi les débris des antiques cités, jadis la gloire de l’orient, et qui hâtent le ravage des siècles, ils parcourent les ruines de la société chrétienne, abattant ce qui reste encore debout.

Cependant le peuple, de plus en plus séparé du passé, se corrompt dans le présent, où il ne voit que ce qu’on lui montre, des appétits à satisfaire. Au dessus du peuple, les uns contemplent, à travers les nuages brillants de leur imagination, je ne