Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/39

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la place due à son mérite, à ses services, à ses besoins, ou à ses convoitises. De là des prétentions innombrables, des murmures, des plaintes, des haines passionnées, un fonds général d’aigreur et de mécontement qui croît sans cesse. Pour le calmer, pour offrir, au moins en espérance, une pâture aux désirs qui dévorent le peuple, un but fixe et présent aux passions qui l’agitent, on le jette, selon les circonstances, dans la guerre ou dans le jeu ; on l’attire à la bourse, ou on le pousse dans les camps ; on multiplie les spectacles, les loteries, les maisons de jeu ; on le corrompt de toutes les manières, pour se mettre à l’abri de sa corruption. Le système du crédit, renfermé en de certaines bornes, dirigé avec prudence, servi par les événements, peut, quoique jamais sans inconvénients, aider quelquefois une nation à vaincre un obstacle, ou à sortir d’un péril extraordinaire : mais ni la sagesse qui se prescrit des limites, ni la force qui s’arrête, ni la constance qui persévère dans l’exécution d’un plan mûri par la réflexion ; rien, en un mot, de ce qui est absolument nécessaire au succès d’un pareil système ne sauroit exister dans aucune démocratie.

La mobilité des hommes et des choses empêchera toujours que le crédit y soit, pour ainsi dire, gouverné avec plus de suite et de règle que tout le reste. Exagéré bientôt au-delà de