Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/40

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


toute mesure pour satisfaire la cupidité même qu’il excite, devenu un immense agiotage, il remplace momentanément la conquête, et finit par la ruine générale, qui rend la guerre réelle plus inévitable encore : et l’on peut hardiment prédire que l’époque n’est pas éloignée où l’Europe reverra les armées françaises, animées du même esprit qui fit leur force sous notre première démocratie, reparoître au milieu des nations étonnées ; et si elles demandent d’où vient cette agression nouvelle, on leur dira qu’il y a des temps où les peuples sont contraints de chercher dans les camps une image de la société, et une image du bonheur dans la gloire.

Ce ne sont pas là les seules conséquences qu’entraîne avec soi le gouvernement démocratique, lorsque la religion n’y exerce pas une autorité puissante et première, ce qui ne s’est jamais vu qu’en des états très bornés, comme les petits cantons suisses ; et alors la démocratie se change de fait en une théocratie véritable. Hors ces cas extrêmement rares, et lorsqu’elle demeure ce qu’elle est par sa propre essence, la démocratie détruit la notion de toute espèce de droit, soit divin, soit humain ; et c’est pour cela que, lorsqu’elle ne vient pas à la suite de l’athéisme, elle l’enfante tôt ou tard. La souveraineté absolue du peuple, telle même qu’elle est devenue de doctrine publique en