Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/65

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es questions politiques des questions religieuses ; leur étroite liaison oblige de les traiter ensemble ; c’est une nécessité indépendante des passions et des intérêts personnels, par lesquels on cherche trop aujourd’hui à tout expliquer. Et ce que nous disons ici est un fait tellement évident qu’il frappe tous les esprits capables d’observation. Il n’a point échappé à M. Royer-Collard. « De même, dit-il, que, dans la politique, ou nous resserre entre le pouvoir absolu et la sédition révolutionnaire, dans la religion, nous sommes pressés entre la théocratie et l’athéisme. » Ce qui signifie que, dans la politique, on cherche vainement un milieu entre la démocratie absolue ou l’anarchie, et l’unité d’un pouvoir indépendant, de qui seul peut émaner une hiérarchie sociale qui le limite sans l’anéantir ; de même que, dans la religion, on cherche vainement un milieu entre l’athéisme et la doctrine catholique. Au fond, dans la religion comme dans la politique, on se travaille pour résoudre un problème insoluble, qui consiste à trouver une autorité qui ne soit pas une autorité : l’orgueil, qui ne sauroit se résigner à obéir, ne veut point de la véritable ; on la repousse de la politique sous le nom de pouvoir absolu, et sous le nom de théocratie, de la religion. Je ne sache point d’expérience plus instructive ; mais quelle expérience instruisit jamais les hommes ?