Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/66

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Dans cette position extraordinaire, les uns, emportés par les conséquences du principe athée, détruisent, jusque dans leurs derniers éléments, la société religieuse et la société politique que Dieu lui-même a unies par des liens indissolubles ; et les autres, pressés du besoin de retrouver une société véritable, parcequ’il n’y a pour l’homme de vie que là, se concentrent forcément dans la seule société qui subsiste aujourd’hui, l’église catholique, apostolique, romaine, hors de laquelle il n’existe plus ni ordre, ni vérité. Mais qu’elle cherche à élever un empire temporel, que le prêtre aspire à être roi, ce seroit aussi trop d’extravagance que de soutenir sérieusement une pareille pensée. L’église a sans doute des droits en ce monde, puisqu’apparemment Dieu en a, puisque Jésus-Christ a dit : Toute puissance m’a été donnée au ciel et sur la terre [1] ; mais elle ne réclame d’autre domination qu’une domination spirituelle, et celle-là ne lui sera point ravie. Sûre d’elle-même, elle sait que sa durée sera éternelle. Les hommes ne peuvent rien pour elle, ni contre elle ; mais elle peut tout pour les hommes, et son désir si calomnié, seroit de les rappeler dans les voies du bonheur et

  1. Data est mihi omnis potestas in cœlo et in terra. Matth. xxviii, 18.