Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/94

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quelques familles, de perdre quelques enfants de plus, d’augmenter les dangers du mal en le couvrant d’un voile sacré, de mettre l’athéisme sous la protection de la religion même, et de persuader peut-être aux oppresseurs de l’Eglise, qu’il n’est point de complaisance qu’on ne puisse exiger et attendre de ses ministres.

Cependant corrompre l’enfance, c’est corrompre l’avenir tout entier, c’est appeler les fléaux, et provoquer la ruine. Car quel est le peuple qui puisse subsister lorsque la base des devoirs, méconnue par l’état, est encore ébranlée dans la société domestique ? Le temps approche où ces vérités, éternelles comme Dieu, cesseront d’être un objet de doute et de raillerie insensée. Quand, de sa main inexorable, la justice qui ne meurt point les aura écrites en caractères de sang sur une terre désolée, on comprendra que le monde est soumis à d’autres lois que celles inventées par la raison du dix-neuvième siècle. Beaucoup de générations ne passeront pas avant que cette grande et dernière leçon soit donnée aux hommes. Jusque là tous les avertissements seront vains ; mais ils ne laissent pas d’entrer dans les vues de la providence pour éclairer ceux qui ont le cœur droit, et pour justifier la sévérité de ses jugements sur les autres.