Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/98

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fond réel, quoique inaperçu, des opinions en apparence les plus divergentes. Combiné avec les idées étroites et matérielles de la politique moderne et la corruption morale qu’elles engendrent, il produit, et dans les lois une anarchie hideuse, et dans l’administration un despotisme tel qu’il n’en exista jamais de si funeste et de si dégradant. à la vue de ce supplice, car c’en est un, on seroit tenté de croire qu’il y a des crimes pour lesquels la justice suprême condamne les peuples à être étouffés dans la boue.

Or la révolution, qu’on a confondue, et que l’on continue de confondre avec ce qui n’en fut qu’une horrible circonstance, n’est en réalité que le renversement des doctrines qui, depuis l’origine du monde, ont été le fondement des sociétés humaines.

On la reconnoît bien moins à ses atroces violences, qu’à sa haine réfléchie pour le christianisme, qui partout se présente à elle comme un obstacle, et le seul qui retarde son triomphe complet. Aussi n’a-t-elle pas un moment cessé de le poursuivre.

Tantôt, en poussant des cris de rage, elle le traîne sur les échafauds, tantôt elle le bannit de la société publique avec toutes les formules du respect, armant contre lui tour à tour, et la fureur des hommes de sang, et la basse astuce des légistes, et les bouillantes passions de la jeunesse, et la corruption froide de la classe qui se vend,