Page:Defoe - Robinson Crusoé, Borel et Varenne, 1836, tome 2.djvu/244

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si une pareille modération était universelle, nous pourrions être touts chrétiens catholiques, quelle que fût l’Église ou la communion particulière à laquelle nous appartinssions ; que l’esprit de charité bientôt nous insinuerait touts dans de droits principes ; et, en un mot, comme il pensait qu’une semblable charité nous rendrait touts catholiques, je lui dis qu’à mon sens si touts les membres de son Église professaient la même tolérance ils seraient bientôt touts protestants. Et nous brisâmes là, car nous n’entrions jamais en controverse.

Cependant, changeant de langage, et lui prenant la main. – « Mon ami, lui dis-je, je souhaiterais que tout le clergé de l’Église romaine fût doué d’une telle modération, et d’une charité égale à la vôtre. Je suis entièrement de votre opinion ; mais je dois vous dire que si vous prêchiez une pareille doctrine en Espagne ou en Italie, on vous livrerait à l’Inquisition. »

– « Cela se peut, répondit-il. J’ignore ce que feraient les Espagnols ou les Italiens ; mais je ne dirai pas qu’ils en soient meilleurs Chrétiens pour cette rigueur : car ma conviction est qu’il n’y a point d’hérésie dans un excès de charité. »


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