Page:Delamétherie - Leçons de géologie III.djvu/52

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Cette forêt n’a pu, dans l’état où elle est, être transportée par des courans ; les arbres en auraient été dispersés ; ils auraient été brisés… Néanmoins, ce sont des palmiers qui actuellement ne sauraient végéter dans ces contrées, trop froides pour ces végétaux. Il faut donc qu’à l’époque où cette forêt subsistait, la température de ces contrées fut plus élevée.

Lafruglaie vient d’observer, sur les côtes de Bretagne, près Morlaix, une forêt entière fossile de sept lieues d’étendue. Elle est composée de chênes, de bouleaux, d’ifs…

Ces arbres ne paraissent pas avoir été transportés.

Corréa a observé des phénomènes analogues sur les côtes d’Angleterre.

Buffon rapporte plusieurs faits semblables.

Ces forêts ont donc dû exister dans les lieux où elles sont aujourd’hui.

Des invasions violentes des eaux des mers seront survenues, semblables à celles que nous avons vu arriver en Hollande. Les courans rapides auront renversé et couché ces forêts. Quelquefois, les arbres auront été cassés, et ensuite recouverts d’attérissemens de diverses natures, qui les auront conservés.

Ces événemens seront arrivés à différentes époques ; car, la forêt de palmiers enfouie à Claustadt, l’a été à une époque différente que celle de chênes, de bouleaux… à Morlaix.

Il en faut dire autant des animaux fossiles.

Fleuriau Bellevue a observé, à Saint-Hielm, entre Luçon et la Rochelle, des bancs étendus de coquilles fossiles, qui étaient situés à soixante-trois pieds au-dessus du niveau actuel de ces mers[1]. Ces coquilles sont des mêmes espèces que celles que

  1. Journal de Physique, tome 78, pag. 401.