Page:Delamétherie - Leçons de géologie III.djvu/88

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Ces idées se retrouvent particulièrement chez les peuples qui habitaient les rives de la Méditerranée et de la Caspienne, parce qu’ils avaient essuyé, comme nous l’avons vu, des déluges d’un côté, et que de l’autre ils n’étaient pas moins exposés aux secousses terribles des feux souterrains, et des tremblemens de terre si fréquens sur les côtes de Syrie, dans les îles de l’Archipel, du côté du mont Ararath…

Enfin ces mêmes opinions ont été soutenues par les plus beaux génies de l’antiquité ; les prêtres égyptiens, les sages de l’Inde, et les plus célèbres philosophes de la Grèce, ainsi que par plusieurs savans modernes.

Cette doctrine était généralement admise par les Égyptiens. Les prêtres de Saïs disaient à Platon : « le genre humain a déjà été détruit plusieurs fois par des déluges… »

Mais ces prêtres, et les philosophes, qui étaient les mêmes à cette époque, allaient encore plus loin. Ils croyaient que ces événemens arrivaient à des périodes réglées, et que chaque période était déterminée par un certain nombre d’années. Ils assuraient que ce tems expiré, un nouvel ordre d’événemens, semblables aux précédens, recommençait. Plusieurs philosophes donnèrent le non de grande année à cet intervalle de tems, dans lequel s’opéraient d’aussi grands phénomènes.

On soupçonne que la période de 36,525 ans, dont parle Manethon, est une de ces grandes années.

L’histoire du serpent Python, rappelle l’idée d’un déluge. Il est enfin tué par Osiris, ou le dieu du Soleil ; ce qui signifie que la chaleur fit évaporer les eaux, et que les continens se découvrirent.

Les phéniciens avaient à peu près la même doctrine : ils pensaient qu’il y avait eu successivement sur la terre des incendies et des déluges. Eusèbe (Préparations Évangéliques, liv. I,