Page:Delamétherie - Leçons de géologie III.djvu/89

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chap. X), rapporte leur doctrine d’après Sanchoniaton. Ils croyaient que les terres et les mers avaient été enflammées… que des grands vents et des nuages succédèrent, et qu’il tomba beaucoup d’eau… Cum igneum splendorem cer emississet, ex ardenti matis ac terrarum inflamationne, venti, nubes… extitere

Toutes leurs fêtes rappellaient ces idées d’une manière allégorique.

Le Phénix, qui périt sur un bûcher et renaît de ses propres cendres, indiquait la fin d’un de ces grands événemens opérés par le feu, et le commencement d’un autre.

Le feu sacré, qui s’éteignait et se rallumait, signifiait la même chose.

Prométhé, après le déluge qui porte son nom, fût dérober le feu du ciel, pour le rallumer sur la terre… C’est le feu ou la chaleur du Soleil, qui vient réchauffer la terre, après qu’elle a été inondée.

On croit que la fête de la mort d’Adonis, chéri par Venus, déesse de la reproduction, indiquait la fin d’un cataclysme, et le renouvellement d’un autre.

Les peuples de la Toscane avaient les mêmes opinions. C’est ce que Plutarque expose clairement dans la vie de Sylla. Il rapporte différens phénomènes extraordinaires qui arrivèrent à l’instant qu’éclata la guerre civile entre Marius et Sylla. On fut consulter les devins de Toscane, et voici la réponse qu’ils firent :

« Sur quoi les savans devins de Toscane enquis, dit Plutarque, répondirent que ce tant étrange signe dénonçait la mutation du monde et le passage à un autre âge, parce qu’ils tiennent qu’il doit y en avoir huit, tous différens les uns des autres, en mœurs, et en façon de vivre ; à chacun desquels, disent-ils, Dieu a préci certain terme de la durée.